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Compte-rendu de la Jounrée des anciens 2019

Michel MORTIER

Le matin, la messe à la mémoire des anciens élèves décédés fut célébrée par Marc Isnard (promo 2003). Elle a été suivie par le compte rendu des activités et la présentation du rapport  financier. Pour terminer la matinée, Michel Mortier (promo 1983) qui avait été invité à parler du CNRS (le conseil national de la recherche scientifique) dont il est Directeur général chargé de l’innovation, a présenté cette institution peu connue du grand public. Rappelons que Michel Mortier a présidé (de 1999 à 2009) l’association des anciens de Ste Croix dont il est un ancien élève (promo 1983).


L’association a eu grand plaisir à le recevoir. Il s’est magnifiquement acquitté de sa mission : présenter le CNRS et ses activités.

Le CNRS, ce sont aujourd’hui 31.500 collaborateurs répartis dans plus de 1000 unités de recherches sur le territoire français et à l’étranger. C’est un budget de 3,5 milliards alimentés par 2,6 milliards de subventions et 0,8 milliards de ressources propres. Ce sont 23 Prix Nobel dont 6 depuis 2011.

Crée le 19 octobre 1939, par un décret du président Albert Lebrun impulsé par Jean Perrin (Prix Nobel) et Jean Zay (secrétaire d’État à l’Éducation nationale dans le gouvernement Blum), dont les dépouilles sont aujourd’hui au Panthéon. Michel Mortier nous a rappelé que cette institution avait aujourd’hui 80 ans.

Son origine lointaine est une des conséquences de la guerre de 1870 où notre pays aurait été battu devant la paillasse. Les grands savants de l’époque se désolaient de la faiblesse de l’organisation scientifique en France. C’est ainsi qu’en 1901 est créée la caisse des recherches scientifiques. En 1927, est créée l’IBPC avec le soutien de la fondation Rothschild, dans le prolongement du Prix Nobel de Physique attribué à Jean Perrin, l’année précédente. De 1930 à 1936, la caisse changera de noms à diverses reprises.
e véritable essor de l’institution commence après à la guerre à partir de 1945.

Ses missions ont été précisées. Elles sont aujourd’hui définies comme suit : identifier, effectuer seul ou avec ses partenaires, toutes les recherches présentant un intérêt pour la science, valoriser les résultats, partager les connaissances, former par la recherche, contribuer à la politique scientifique. Il est gouverné par un conseil d’administration avec un PDG à sa tête.

En 1958, avec le retour au pouvoir du général de Gaulle, la recherche devient une priorité nationale avec un ministre d’Etat, un comité interministériel. Le budget du CNRS double entre 1958 et 1960 puis progresse de 25% par an jusqu’en 1969. Le CNRS a alors 6000 salariés.

En 1980, Jean-Pierre Chevènement donne une nouvelle impulsion avec une loi d’orientation de la recherche. C’est l’ère des agences : ANR, AERS, HCERES. L’Europe a une place accrue avec le PCRD, H2020, ERC. L’interdisciplinarité se développe, un grand emprunt est lancé. L’internationalisation est accrue.

En 2010 le CNRS est réformé avec la mise en place d’un directoire et d’un collège de direction.
Les 1000 unités de recherche qui le compose sont regroupées dans 10 instituts spécialisés : physique, chimie, mathématiques, ingénierie, sciences de l’information, univers, physique nucléaire et des particules, biologie, écologie et environnement, sciences humaines et sociales répartis sur tout le territoire et une cinquantaine de laboratoires à l’étranger (Pekin, Tokyo, Singapour, New Delhi, Bruxelles, Washington, Rio, Prétoria, etc). Il exploite près de 600 licences d’exploitation de ses découvertes, signées depuis 10 ans.

Encore récemment, un de ses chercheurs, Gérard Mourou s’est vu attribué le prix Nobel de Physique. 100 starts up ont été créées par des chercheurs du CNRS en 2018. Le CNRS est le 6ème déposant de brevets en France. 500 de ses membres ont été lauréats du Conseil européen de la recherche. 150 structures communes entreprises/CNRS ont vu le jour.

Michel Mortier concluait en indiquant que malgré ces résultats, le CNRS et la France perdaient du terrain à l’international si on en croit le classement international dit de « Shanghai » sur la recherche scientifique.

Après l’apéritif et le déjeuner servi dans l’établissement, la directrice, Mme Boisnard a fait visiter l’établissement à ceux qui le souhaitaient, notamment les nouveaux bâtiments du pôle sportif : Dojo, vestiaires et sanitaires.